Les différentes façons de trotter

Même en Angleterre, où il a pris naissance, le trot enlevé, ou « trot à l’anglaise », n’a été adopté qu’avec réticence.

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Cette façon de trotter, pourtant unanimement reconnue comme moins fatigante pour le cavalier comme pour le cheval, à condition de changer de diagonal, ne s’est donc imposée, comme allure d’extérieur et de repos, que relativement récemment et, jadis, seul le trot assis était pratiqué.

On n’aura pas lieu de s’en étonner exagérément en se référant à nouveau à l’équitation instinctive comme à l’équitation utilitaire des siècles passés. Le cavalier qui monte à cru, ou en couverture, n’aura, et pour cause, pas la tentation de s’enlever sur ses étriers, pas plus que celui qui, la jambe complètement descendue, est littéralement enfermé entre un pommeau et un troussequin destinés à assurer au maximum sa fixité. Et il n’est pas douteux que cette façon de s’enlever sur les étriers a dû apparaître, dans les débuts, anormale, voire un peu ridicule.

C’est là, il nous semble, en dehors de sa nouveauté même, qu’il faut rechercher les causes des réserves qui accueillirent partout le trot anglais à ses débuts.

Le petit trot assis est, nous venons de le voir, l’allure type du travail il sera complété par des temps courts de trot hardi, très propices à la grande extension des hanches et à la détente des jarrets et qui favorisent le perçant, mais qui seront toujours tempérés par le souci constant de ménager le cheval. Il convient d’ailleurs de ne passer de l’un à l’autre que lorsque l’animal est bien droit et franchement appuyé sur la main, bien assoupli et maniable.

Nous n’évoquerons là que pour mémoire le trot de course, ou « flying trot », où le trot est poussé à ses limites extrêmes et le cheval empêché, sous peine de dis- emploi du cheval dressé qualification, de prendre le galop. Ici, il ne saurait être question d’allure naturelle, à telle fin que l’on voit les battues diagonales se dissocier et que le trot se transforme en une allure à quatre temps. Le cheval « traquenarde », ce qui est bel et bien une allure anormale et vicieuse, mais les courses de trot sont une spécialisation où ces considérations n’interviennent pas !

Mettre un cheval au trot

Tant en vue de son dressage que pour ménager ses membres, il importe de ne passer au trot que progressivement, en évitant de surprendre le cheval.

De même, le travail au trot commencera et finira par un temps de petit trot. Pour porter le cheval au trot et l’amener à s’appuyer sur une main, toujours fixe mais aussi légère que possible, on approche progressivement les jambes, avec une énergie qui dépend de la générosité et du dressage du cheval (en allant, si besoin en est, jusqu’aux battements de mollets ou à l’éperon), mais il faudra qu’il se livre et soit toujours franchement en avant des jambes, bien appuyé sur la main. Si nécessaire, les mains modèrent l’allure par serrement de doigts et légère élévation.

En bref, c’est la « balance » toujours progressive des jambes et des mains qui décide de la vitesse du trot, du maintien d’une vitesse choisie, de son augmentation ou de sa diminution.

La position du cavalier au trot enlevé est trop connue pour qu’il soit besoin de s’y étendre à nouveau. Certes, les uns prônent les étriers courts et d’autres plus longs, de pencher légèrement le buste en avant pour les premiers, de le maintenir quasi vertical pour les seconds ; l’essentiel paraît être que, selon l’expression de Fillis, le cavalier « prenne le trot sous lui », c’est-à-dire qu’il se laisse enlever par les seules réactions de son cheval et qu’il cherche l’équilibre qui convient le mieux à sa structure.  L’adhérence du genou à la selle ne doit pas nuire à la souplesse de l’articulation, et l’appui sur l’étrier, chaussé au tiers du pied, le talon bas et la cheville souple, doit être léger, l’étrier étant seulement destiné à reposer la jambe.

Si l’étrier était un moyen de tenue, gare au déséquilibre et à la chute au cas où, pour une raison ou une autre, le cavalier perdrait un étrier ou une étrivière viendrait à casser!

Nous voilà une fois de plus ramenés à la primauté de l’assiette, que le trot assis, en liant le cavalier aux réactions du cheval, aura contribué à développer (avec ou sans étriers). On peut également rompre le premier au mécanisme du trot enlevé, et le lui rendre familier, en lui faisant exécuter quelques temps de trot enlevé sans étriers, exercice assez fatigant mais qui développera chez lui la pince du genou et la liberté de la jambe, dont il peut toujours avoir besoin.  Le genou liant et la jambe fixe sont la norme, mais la jambe doit pouvoir toujours agir indépendamment et la pince « verrouiller » une assiette menacée pour une raison ou une autre.

Les bienfaits de l’équitation

La pratique de l’équitation, sous toutes ses formes, apporte son lot de bienfaits. C’est l’occasion de tisser un lien fort avec le cheval, de se détendre en pleine nature, d’améliorer sa condition physique et de travailler son équilibre.

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La relation positive avec l’animal

Le premier bénéfice de l’équitation provient d’abord de la relation entretenue avec le cheval. C’est un animal sensible avec lequel il est possible de tisser un véritable lien physique et psychique.

Cette relation se construit progressivement, au fur et à mesure du temps passé avec son cheval. Durant chaque sortie, il ressent l’état émotionnel du cavalier. Il peut ainsi détecter les sentiments négatifs, ce qui ferait augmenter son propre rythme cardiaque. Au contraire, si le cavalier s’efforce d’être dans un certain état de bien-être, l’équidé se laissera plus facilement approché.

De cette manière, l’équitation renforce les interactions positives entre le cavalier et son cheval. Elle permet de développer une relation forte, source de plaisir. s sont une des bases de la pratique.

Le bien-être procuré par la nature

Pratiquer l’équitation permet également de profiter de la nature. De nombreux sentiers sont accessibles en balade équine et se promener au milieu de sublimes paysages est une source non-négligeable de bien-être. Les randonnées se font au chant des oiseaux et au son du ruissellement des cours d’eau. C’est un véritable moment de détente.

L’équitation permet de parcourir de longues distances et de découvrir de nouveaux lieux, mais il est tout aussi intéressant de se balader sur les chemins que vus connaissez déjà. La position haute donne une autre vision du monde.

C’est un moment de pleine conscience. Lors d’une randonnée équine, être pleinement ancré dans le moment présent fait aussi partie des bénéfices immédiats de l’équitation.

Le gain en condition physique

Nombreux sont ceux qui croient que seul l’animal fait un effort. C’est une des idées reçues sur l’équitation. Pourtant, elle sollicite fortement les abducteurs, les cuisses et les abdominaux. Le gainage des abdominaux est essentiel pour garder une bonne assiette. L’assiette est la partie du corps en contact avec le cheval. Elle assure un bon maintien.

Pour réaliser des séances longues d’équitation, qu’il s’agisse de randonnées longues distance ou de saut d’obstacles, il faudra d’abord améliorer son endurance. La meilleure façon d’y parvenir est de pratiquer un sport d’endurance en parallèle : la course à pied, le vélo, ou la randonnée. Voici de plus amples information sur cette préparation physique.

La course à pied permet de muscler son cœur. Selon l’effort physique à fournir, ce gros muscle augmente le flux sanguin. Au fur et à mesure des entraînements, le rythme cardiaque diminue : le cœur, plus musclé, est capable de fournir plus facilement du sang frais.
De même, pratiquer un sport d’endurance adapte vos muscles à un effort prolongé. Le réseau de capillaires se développe et le nombre de mitochondries (les productrices d’énergie à l’intérieur de nos cellules) sont plus nombreuses.

En courant régulièrement à faible rythme, on développe aussi sa capacité à récupérer de manière efficace. Le lendemain d’un effort intense et prolongée, la course apporte son lot d’oxygène frais aux muscles, facilitant la cicatrisation des micro-lésions créées la veille.

Maintenant que l’intérêt de l’entraînement d’endurance pour l’équitation est plus claire, la question est : comment s’entraîner ? Pour cela, il existe une aide précieuse : la montre GPS. C’est un outil indispensable pour bien gérer l’intensité de ses sessions sportives. Concrètement, la montre connectée indique en temps réel votre rythme, votre distance parcourue, mais surtout votre rythme cardiaque. Le rythme cardiaque est la mesure à suivre de près lors d’une course. C’est un indicateur précieux sur lequel se basera chacun des entraînements.

La TomTom Adventurer est un bon exemple de montre GPS dédiée aux sports d’endurance. Avec son capteur cardiaque au poignet, nul besoin de porter une ceinture dédiée. Elle ne vous servira pas que pour l’entraînement à la course à pied. Ses fonctions boussole et « retour au point de départ » seront aussi fortes utiles durant les longues balades en cheval. Vous pouvez également retrouver l’intégralité de votre parcours sur une carte.

Tout cet entraînement de base pour améliorer votre endurance sera mis à profit lors de vos randonnées équines. Les sessions n’en seront que plus agréables. Vous aborderez une meilleure posture et serez plus à même de soulager votre cheval. C’est aussi un avantage sur les cavaliers concurrents si l’on considère ensuite faire de la compétition.

Un meilleur équilibre

Monter à cheval requiert un bon équilibre. Après avoir pris confiance en soi et en son cheval, on apprend à maîtriser les imprévus et à mieux coordonner ses mouvements. L’équitation regroupe de nombreuses disciplines et certaines d’entre elles permettent d’atteindre un haut d’équilibre.

On pense par exemple au saut d’obstacles, au horse-ball ou à la voltige. Le saut d’obstacles consiste à enchaîner des obstacles divers avec la meilleure harmonie possible. Travailler son équilibre donne une plus grande élégance en compétition. Le horse-ball est un sport collectif durant lequel il faut d’abord ramasser un ballon au sol, sans descendre du cheval, avant de l’envoyer à ses coéquipiers. En voltige, il s’agit d’effectuer une série de figures tout en gardant l’équilibre.

Les nombreux bénéfices de l’équitation expliquent probablement son succès : 2,2 millions de cavaliers français la pratique régulièrement ou occasionnellement.

L’équitation élémentaire

La mise en confiance

Même entraîné aux exercices physiques, le débutant se trouve confronté avec un certain nombre de problèmes absolument nouveaux pour lui, car l’équitation n’a rien de commun avec aucun autre sport.

Ces problèmes seront d’ordre physiologique et d’ordre psychologique. Le voilà en effet juché à bonne hauteur sur un animal dont tous les mouvements menacent son équilibre et le rendent particulièrement instable. Les mouvements du pas sont déjà une surprise, mais les saccades du trot et le branle du galop variables d’ailleurs en intensité suivant les chevaux les déplacements en tous sens l’amènent immédiatement à entrevoir la chute comme une probabilité, sinon comme une certitude.

A ces déplacements d’assiette, auxquels son corps n’est nullement entraîné, le débutant en difficulté oppose toujours la même défense cherche à se raccrocher par tous les moyens pour rester en selle, utilisant pour cela ses mains et ses jambes, raidissant le rein et la colonne vertébrale. Ses muscles, son instinct semblent lui dicter précisément les moyens opposés à ceux qu’il devrait employer pour se maintenir en selle. Mais cette contraction de tout son être ne résulte pas seulement de l’absence de moyens de tenue; elle a aussi des raisons psychologiques ; la crainte de tomber l’habite, consciemment ou inconsciemment, et plus elle sera présente en lui et plus les mouvements les plus naturels du cheval l’amèneront à se raidir.

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A fortiori le fera-t-il s’il est peu enclin aux exercices du corps ou d’un naturel trop prudent ou craintif, s’il est encore courbatu ou blessé par ses expériences précédentes, ou s’il a conservé un mauvais souvenir d’une chute un peu rude.

Dans tous ces cas, on le verra, pour reprendre l’expression imagée du comte d’Aure, noué en équilibre aussi instable sur sa selle « qu’une pomme crue », alors qu’il devrait, pour bien faire, s’y laisser aller, y adhérer en quelque sorte « comme une pomme cuite » ! Mais le liant à cheval, l’assiette qui est la condition sine qua non de toute l’équitation, puisqu’il n’y a sans elle ni conduite ni domination possible de l’animal, ne s’acquièrent qu’avec l’habitude musculaire et la confiance entraînant la décontraction progressive de tout l’organisme.

Cette interaction réciproque du psychique et du physique inclinera l’instructeur à s’adresser tout autant au « moral » du débutant qu’à rechercher directement l’assouplissement de ses moyens de tenue. Comme pour le jeune cheval, toute la suite de l’éducation du cavalier, sa durée et sa réussite tiennent pour beaucoup à la façon dont il aura été « commencé ».

La confiance amène les progrès, la méfiance ou la crainte les ralentissent ou les paralysent. Le principe étant posé, il s’agit maintenant de voir comment, dans la pratique, l’instructeur, par une progression judicieuse des moyens employés, s’efforcera d’atteindre au but proposé.

Choix des chevaux

Chacun conçoit que les points de contact d’un cavalier avec son cheval dépendent de leurs proportions respectives. On s’appliquera donc, parmi un lot de chevaux également calmes et instruits, à affecter à chacun la monture convenant autant que possible non seulement à sa taille et à son poids, mais à son caractère. Cela étant, l’instructeur multipliera les expériences, afin que l’élève ne s’habitue pas aux réactions d’un même animal, mais qu’il cherche inconsciemment à adapter son équilibre à des allures et à des réactions inattendues.  Ce principe vaut pendant toute l’éducation équestre, et c’est en changeant souvent de cheval que l’élève ou le cavalier confirmé enrichiront instinctivement leur bagage, et, mieux encore, en comparant et en réfléchissant. Si, au début, il ne s’agit que d’un simple réflexe musculaire, par la suite, ils peuvent trouver avec n’importe quel cheval, même le plus mauvais, une occasion de travailler, donc de progresser.

Habitude du cheval

Beaucoup de cavaliers, montant des chevaux de louage, n’ont jamais bridé ni sellé, ni même conduit leur cheval étant à pied. Ces gestes élémentaires, mais qu’il faut avoir appris, les familiariseraient cependant avec l’animal qu’ils prétendent monter. Il est bon de les y entraîner de bonne heure. Ils mèneront donc à pied le cheval, les rênes de filet dans la main droite, l’index passé entre les deux rênes tenues à environ 15 cm de la bouche, les ongles en dessous, la main gauche tenant l’extrémité des rênes. Puis le cheval étant arrêté, bien d’aplomb sur ses quatre les rênes passées par-dessus membres, l’encolure, le cavalier se place à gauche, côté montoir.

En aucun cas, même si le cheval est tenu par un aide, le cavalier ne passera à courte distance derrière lui. C’est là un principe absolu, même avec les animaux les plus calmes.

A l’écurie, où il est pratiquement impossible d’agir autrement pour les détacher, les panser ou les seller, le cavalier prévient toujours de la voix le cheval qu’il veut approcher, puis pose sans brusquerie, mais franchement, la main sur la croupe, en la repoussant doucement, mais avec fermeté.

Dans la mesure où cela est possible, il n’y a que des avantages à ce que le débutant recherche toutes les occasions de se familiariser avec le cheval. Le seller, le brider, le nourrir, l’abreuver, le panser et, en général, lui donner des soins contribuent à cette mise en confiance et à cette connaissance de l’animal.

Allures et changements d’allures du cheval

Le travail à l’arrêt, où les questions de tenue sont réduites au minimum, l’emploi de la jambe isolée avaient pour objet de familiariser de concert le cheval et le cavalier avec l’action des aides, des jambes au premier chef.

Des « hanches diligentes » (La Guérinière), assouplies en tous sens, sont d’une utilité capitale pour diriger, équilibrer et maintenir un cheval droit. Elles permettent en outre, en amenant les postérieurs à s’engager, de provoquer l’impulsion, de faire jouer les ressorts du saut et de dominer le cheval en le contraignant à faire des pas de côté.

allure cheval

Le travail de la jambe isolée, à l’arrêt, était en quelque sorte un exercice préliminaire aux exercices de conduite. Il reste à en appliquer les leçons dans l’action, et les difficultés rencontrées vont naturellement croissant avec la rapidité des allures, le galop présentant, de loin, les plus grandes.  Encore faut-il faire une distinction suivant qu’il s’agit du cheval ou du cavalier. Pour ce dernier, il est de toute évidence que le travail au pas, le plus facile, est, partant, le plus indiqué pour un débutant. Il en va différemment pour le cheval. Il est très généralement admis que, pour lui, l’allure du travail est celle du trot ; nous verrons à ce chapitre les raisons invoquées dans ce sens.

Il n’en reste pas moins qu’un des plus grands maîtres de l’école de Versailles, Lubersac (1713-1767), dressait ses chevaux exclusivement au pas, afin de mieux déceler à cette allure, où elles se manifestent le moins, toutes les résistances que ses chevaux pouvaient présenter, et que — pourtant adepte des méthodes Baucher — incline nettement, lui aussi, en rapides faveur du pas ! Mais il s’agit là, à tous égards, de cas d’exception.

Traitant donc du travail en marche, l’ordre logique est, sans contredit, celui même des allures.

De ces allures, nous examinerons les caractéristiques, l’utilité, les avantages et les inconvénients respectifs, et la connaissance de leur mécanisme ne pourra que faciliter la compréhension des actions d’aides à
mettre en œuvre pour conduire un cheval, non pas d’une façon instinctive et empirique, mais en tenant compte des lois qui régissent son équilibre, théorie et pratique allant de pair.

Caractéristiques de l’allure du pas

Le pas, allure à quatre temps, est la plus lente des allures marchées. A aucun moment le corps n’y perd contact avec le sol. Les bases y sont tripédales, c’est-à-dire que trois membres y sont à l’appui et un
seul au soutien (c’est-à-dire en l’air). Il en résulte que l’équilibre y est assuré dans les meilleures conditions et que c’est au pas que le cheval marche le plus d’aplomb.

Il peut fréquemment arriver que le cheval ne soit pas droit, pour de multiples raisons, si ses épaules et ses hanches forment arc-boutant, ou si une hanche ou une épaule précèdent l’autre, par exemple, mais il est très probable, sinon certain, que ces défauts apparaîtront plus encore aux allures supérieures.

Les avantages de l’allure du pas sont nombreux. La pratique du pas est, en effet à condition, toutefois, que l’allure soit légère et régulière, les battues égales, la cadence soutenue et franche, une excellente façon de mettre le cheval en condition, et de le détendre sans pour cela le fatiguer. De surcroît, le pas entretient le calme et la confiance, permet de rectifier les mauvaises habitudes et, en lui donnant au préalable la position convenable, d’apprendre au cheval des exercices nouveaux.
 

Le harnachement du cheval

On a retrouvé des mors datant de l’âge du bronze. Assyriens, Egyptiens, Grecs (dès avant l’époque homérique), Etrusques connaissaient bien les moyens d’agir sur la bouche d’un cheval pour l’arrêter. Naturellement, les formes de mors différaient grandement et il semble que le bridon précéda la bride ou le caveçon. En revanche, la selle est plus récente; jadis, une simple couverture retenue par une sangle en tenait lieu et il n’était évidemment pas question d’étriers.
 

La selle se réduit d’abord à un arçon, qui sera plus tard l’ossature du pommeau ; le troussequin est absent.
harnachement cheval

Histoire

Les tribus barbares, venues d’Asie au moment des grandes invasions, importent les étriers en même temps que des selles assurant une assiette plus confortable et plus de solidité. Au Moyen Age, pommeau et troussequin élevés, complétés de vastes étriers, donnent au chevalier les moyens de tenue nécessaires pour supporter la violence des chocs.
 

D’autre part, le cheval, d’ailleurs lourd et d’espèce fruste, est enfermé entre des mors et des éperons si brutaux qu’ils s’apparentent à des instruments de torture. Le cheval participe toujours plus au combat, mais l’art équestre fondé sur les aides naturelles est en pleine régression.
 

Aux XVII, XVIII eme siècle, l’amélioration des races de chevaux et les progrès de l’équitation sportive, dont les Anglais sont les initiateurs, amènent une modification du harnachement, qui va s’alléger progressivement jusqu’à la minuscule selle de course et aux fers en aluminium de 125 g.
 

Une évolution aux étapes innombrables et combien diverses est à peu près terminée, mais l’ingéniosité des hommes les pousse toujours à modifier ou à inventer des pièces du harnachement, qu’il s’agisse du harnachement d’utilisation (cuirs et fers), d’attache (à l’écurie ou à l’extérieur), ou du harnachement de protection contre le froid, les atteintes, etc., que nous étudierons dans cet ordre.

La selle

Il y a de nombreux types de selles correspondant aux utilisations, voire aux traditions nationales ou locales : selle française pour le manège et selle à piquer pour les sauteurs (Saumur), selle Danloux pour le saut, selle gardiane (Camargue), selle de course, etc.
 

Mais la plus universellement employée pour les besoins privés est la selle anglaise, que nous décrirons seule, comme étant la plus représentative.
 

La selle, de cuir, comprend une armature intérieure, l’arçon, qui assure la rigidité de l’ensemble et auquel sont fixés les contre-sanglons et les étrivières, qui, elles-mêmes, supportent les étriers.
 

L’arcade de l’arçon supporte le siège, qui comprend à l’avant le pommeau et à l’arrière le troussequin. Sur les côtés, quartiers et faux quartiers, ces derniers protégeant le cheval du contact des boucles de la sangle. Celle-ci, en ficelle ou en tresse, doit passer exactement sur la dépression dite, en hippologie, « passage de sangles ». La selle doit être placée de façon à ne pas gêner le jeu de l’épaule, ni blesser le garrot, le dos ou le rein. Tapis de selle ou couverture devront être bien à plat et dégager le garrot.
 

On ressanglera après être monté à cheval, celui-ci ayant fréquemment l’habitude de se gonfler au moment où il est sellé.

La bride

La bride se compose de la monture, des rênes et des mors. Les mors sont fixés à des harnais de cuir, qui comportent eux-mêmes : le dessus-de-tête, ou têtière, sur la nuque et derrière les oreilles ; le frontal ou frontail ; la muserolle sur le chanfrein ; la sous-gorge ; et des mon- tants latéraux de hauteur réglable, auxquels sont fixés les mors.

Les mors

La bride porte le mors de bride et le mors de filet.
Le mors de bride. Il comprend :

  • l’embouchure, formée elle-même des canons, plus ou moins épais (les plus épais étant les plus doux), et qui repose dans la bouche du cheval et agit par pression sur les barres. Les canons peuvent comporter ou non un « passage » ou « liberté de langue ». Ils peuvent être formés d’une seule pièce ou de brisures articulées;
  • les branches latérales, dont la longueur détermine la puissance du mors, qui agit comme un bras de levier d’autant plus sévère qu’il est plus long ;
  • la gourmette, qui comprime la barbe du cheval d’autant plus qu’elle est plus serrée. On peut y adjoindre une fausse gourmette, destinée à empêcher le cheval de se soustraire à l’action du mors en le prenant entre les dents. Correctement placée, la gourmette doit être étendue bien à plat, à environ un travers de doigt de la barbe du cheval.

Le mors de bride doit être placé à environ 2 ou 3 cm des crochets ou des coins (juments) et proportionné à la largeur de la tête du cheval. Il existe un nombre considérable de mors ; citons le pelham, le mors anglais, le mors à pompe, etc.
 

L’action, par l’intermédiaire des rênes, du mors de bride, qui tend à baisser la tête du cheval, est, quelle que soit sa dureté, toujours plus énergique que celle du mors de filet, qui, lui, agit directement sur la commissure des lèvres, moins sensibles que les barres, et dont l’effet est, au contraire, un effet releveur.

Pansage et ferrage

Le pansage d’un cheval est très important. Il maintient la peau et le pelage en bonne santé, stimule la circulation et puisque la plupart des chevaux l’apprécient, il peut être un moment agréable tant pour le cheval que pour le soigneur.

entretien ferre cheval

Un cheval vivant en écurie doit être pansé quotidiennement. La brosse de chiendent est employée pour éliminer la boue après le travail ou la pâture. Ne l’utilisez pas sur les régions plus sensibles comme la tête, le ventre et entre les cuisses, ni sur la crinière ou la queue, car en raison de sa dureté, elle casserait les poils.

La brosse en soie élimine les sueurs et nettoie véritablement le pelage. Elle-même est nettoyée par une étrille métallique. La brosse à eau est utilisée pour nettoyer la crinière et la queue, pour retirer les souillures de l’écurie et enfin pour shampouiner le cheval. L’emploi d’une étrille de caoutchouc est conseillé lors de la mue, qui se produit deux fois par an. Pour éliminer les poils morts, massez tout en tournant.

Une grosse éponge sert à nettoyer les naseaux et essuyer le tour des yeux, mais employez une éponge différente pour nettoyer la région de l’attache de la queue. Les mamelles de la jument doivent être lavées de temps à autre, surtout par temps chaud, et le fourreau du hongre ou de l’étalon nettoyé au moins deux fois par mois. En cas d’obstruction par de la boue ou de la crasse, le cheval éprouve des difficultés voire des douleurs à uriner ; faites-vous montrer par un ami expérimenté la façon dont il faut le nettoyer. Une serviette permettra de lustrer le poil et de tonifier les muscles de l’encolure et de l’arrière-main : roulez-la en boule et tapotez énergiquement.

Par temps très froid, le cheval peut être pansé en deux étapes. Détachez la boucle qui sert à attacher la couverture à l’avant, repliez celle-ci, pansez l’avant-main, puis replacez la couverture. Détachez ensuite le surfaix, repliez la couverture vers l’avant et pansez l’arrière-main.

Il est préférable, même par temps froid, de ne pas porter de gants lors du pansage. Seuls les doigts nus peuvent ressentir les bosses, les excroissances ou égratignures, ainsi que les éventuelles granulations sur les jambes, le pourtour des boulets, les paturons et les talons.Des crevasses peuvent apparaître notamment si de la boue obstrue les pores. Ces granulations s’éliminent en appliquant de la vaseline ou une
pommade à l’oxyde de zinc et en massant légèrement du bout des doigts.

Nettoyez les jambes si elles sont couvertes de boue. La queue doit être démêlée avant d’être peignée, et un bandage de la queue effectué une fois le pansage terminé contribuera à maintenir la queue bien droite entre les fesses.

Les pieds du cheval doivent être curés pendant le pansage et au retour du travail. L’application d’onguent de pieds après nettoyage du pied donne une belle apparence aux sabots, et a également une action bénéfique sur la corne, en particulier s’il est appliqué juste à l’endroit où le sabot naît du bourrelet.

Le curage des pieds fournit une bonne occasion de vérifier les fers. Si le fer cloche sous le pied, ou si les clous sont sortis, appeler un maréchal-ferrant. Ne tentez jamais d’économiser sur le ferrage. Trouvez un bon maréchal-ferrant et faites en sorte qu’il vous rende régulièrement visite une fois par mois, ou au moins toutes les cinq semaines. La ferrure doit être remplacée et le pied « paré » tous les quarante jours environ, car même si les fers ne sont pas portés ou clochent, l’avalure (surépaisseur de corne) croît et le fer doit être renouvelé. Les maréchaux sont des personnes fort occupées, et souvent, ils n’ont pas le temps de ferrer immédiatement un cheval qui aurait dû l’être plusieurs semaines auparavant.

La maréchalerie est une profession hautement qualifiée. Tout maréchal-ferrant expérimenté a des connaissances vétérinaires et anatomiques très étendues. Il connaît la structure du pied, des tendons et ligaments de la jambe et peut fabriquer et adapter divers types de fers pathologiques pour les chevaux ayant des problèmes de jambes ou de pieds.

Les chevaux vivant en écurie qui travaillent l’hiver doivent être tondus — entièrement dans le cas d’un travail intense, effectué surtout en manège. Une couverture leur est alors indispensable. Les chevaux de chasse ou les chevaux travaillant en extérieur reçoivent généralement une tonte de chasse ou en manteau. La tonte de chasse laisse des poils sur les membres et l’emplacement de la selle, alors que la tonte en manteau laisse des poils sur les membres et la zone de la ligne du dessus.

Tous les chevaux tondus sont protégés par une couverture lorsqu’ils sortent de l’écurie. Pendant la nuit, les chevaux avec tonte de chasse ou en manteau doivent être entièrement recouverts. Les chevaux ne doivent être tondus que lorsque le poil d’hiver a poussé, ce qui se produit généralement à la mi-novembre ; une deuxième tonte peut être nécessaire, mais elle ne doit pas être faite plus tard que le mois de février. La tonte permet au cheval de rester frais lors d’un travail intense, contribue à ce qu’il reste propre et facilite le pansage.

Les chevaux vivant en extérieur peuvent être pansés à fond pendant l’été En hiver, même s’ils travaillent, ils doivent uniquement être brossés à la brosse de chiendent pour éliminer les sueurs et les boues. La brosse en soie retirera du pelage l’excès des graisses naturelles qui contribuent à le garder chaud et sec.

Veillez à ce que les membres restent toujours propres. Après avoir monté le cheval, essuyez et brossez l’emplacement de la selle et la partie postérieure des coudes, là où passe la sangle. Les sueurs asséchées ou gelées en n’importe lequel de ces deux endroits peuvent provoquer, en raison de l’épais manteau d’hiver, des blessures. La crinière et la queue doivent être démêlées et peignées ; les poux sont extrêmement rares chez un cheval pansé quotidiennement.

 

Les régions du cheval

Tous les chevaux ont le même squelette de base, et la même disposition des os, des articulations, des muscles, des ligaments et des tendons. Mais l’ensemble, ou en d’autres termes la conformation, varie selon la race, du Shetland, le plus petit cheval employé, en passant par le Pur-Sang, le plus rapide, jus- qu’aux lourds chevaux de trait, les plus puissants.
anatomie cheval

Les différentes races présentent des spécificités de conformation. Un cheval bien conformé est bien équilibré et agréable à regarder.

Il est important que le cheval d’équitation possède de bonnes allures, en particulier un pas alerte avec de longues foulées. Il a donc ce que l’on appelle une « bonne épaule », qui soit oblique de façon à permettre aux jambes antérieures une foulée ample. Une épaule droite donnera une foulée plus courte, mais confortable. Cela n’a pas autant d’importance pour les chevaux de trait, qui ont besoin de force pour tirer, et non de vitesse pour se déplacer.

L’encolure est légèrement arquée, le long de la protubérance longitudinale, et non pas en creux, car le cheval aurait tendance à « porter au vent ». La tête est attachée à l’encolure par une gorge bien dessinée une gorge trop épaisse gêne la relaxation de la nuque et le cheval est plus malaisé à placer.

Les yeux sont de grande taille, brillants, alertes et tranquilles. Le bout de nez est large et non aplati, même s’il est souvent fin chez les Arabes, et les naseaux capables d’une très forte dilatation. La plupart des chevaux et des poneys avec du sang arabe ont un profil légèrement concave. D’autres chevaux ont un profil concave marqué. Un bon cheval n’a nul besoin d’avoir une belle tête, mais elle doit être agréable à l’œil, avec une structure osseuse bien définie.

Le garrot est également bien dessiné, car trop plat ou trop épais, la selle risquerait de glisser. Le dos est proportionné. Bien que de nombreux chevaux aient un dos relativement allongé, un dos trop long est un indice défavorable, signe avant-coureur d’une certaine faiblesse au niveau du rein. Le Cob a un dos particulièrement court, qui lui permet de porter un poids considérable pour sa taille. Le dos d’une jument est en général légèrement plus long que celui du hongre ou de l’étalon.

Les côtes plates sont préférables aux côtes arrondies. Le cheval « cylindrique» est rarement un bon cheval de selle.L’arrière-main est à la base de la locomotion et de l’impulsion. Les cuisses et les jambes sont donc robustes et bien développées. Les jarrets tombent bien, autrement dit, l’angle entre grassets et jarrets leur permet de se placer à la verticale de la fesse, ni en-dessous, ni en arrière.

La queue est placée relativement haut ; il s’agit, après tout, de l’extrémité de la colonne vertébrale. Lorsque le cheval est au pas, la queue est portée gracieusement et se balance légèrement en suivant les mouvements du corps. Certains chevaux ont une queue assez basse et une croupe relativement oblique dite avalée, grave inconvénient pour les concours.

Un corps large ménage une place importante au cœur, aux poumons et à l’estomac. La ligne de dessous ne remonte pas trop brusquement. Il est en outre essentiel que le corps ne semble pas trop lourd pour les jambes, ni les jambes trop longues pour le corps.

Le canon paraît légèrement plus court que l’avant-bras. C’est la mesure du canon, prise juste en-dessous du genou, qui détermine, jusqu’à un certain point, le poids que peut porter le cheval. Si on dit d’un cheval qu’il est monté sur des allumettes cela signifie que la mesure est inférieure à ce qu’elle devrait être pour la conformation du cheval. Quelle que soit sa taille, il ne pourra porter autant qu’un cheval beaucoup plus petit aux canons bien conformés.

Certains poneys possèdent des canons extrêmement bien conformés pour leur taille. C’est la raison pour laquelle les races de plus grande taille peuvent porter des adultes relativement lourds plus facilement que ne le ferait un cheval, beaucoup plus grand, mais monté sur des allumettes.

Les paturons sont légèrement obliques, de sorte que le pied repose sur le sol à un angle inférieur à 45 degrés. Les paturons droits (cheval droit jointé) n’amortissent pas autant le choc du pied qui se pose sur le sol, et tout en offrant une démarche moins confortable pour le cavalier, fatiguent les articulations. Les paturons très obliques (cheval bas jointé) surchargent les tendons de la jambe.

Les soins élémentaires du cheval

Un cheval sera en bonne santé s’il est correctement nourri et logé, s’il fait de l’exercice et s’il est bien soigné.

Le cheval doit être suffisamment nourri, sans excès toutefois. Un travail régulier et rationnel prévient tout embonpoint indésirable.

La santé du cheval dépend autant de la qualité de la nourriture et de sa propreté, que de la quantité distribuée. Les chevaux sont herbivores et n’accepteront pas de se nourrir avec n’importe quoi. On ne peut exiger d’eux qu’ils se contentent de mangeoires sales. Elles doivent être très propres pour que les restes de nourriture n’y pourrissent pas.

soin cheval

Il est particulièrement important pour la santé du cheval qu’il ne soit pas infesté de parasites. Des vermifuges doivent être administrés deux fois par an, au printemps et à l’automne. Demandez conseil au vétérinaire.

Les soins dentaires sont tout aussi importants. Les chevaux broient les aliments avec leurs molaires, situées à l’arrière. Avec l’usure, elles deviennent inégales et coupantes, parfois si coupantes qu’elles risquent de blesser l’intérieur des joues lorsque le cheval mastique. Pour éviter ceci, la dent peut être limée afin de réduire les angles coupants. Mais sachez que les dents des chevaux n’ont pas la même sensibilité que les nôtres. Vous pouvez les faire limer par le vétérinaire environ une fois par an.

Des vaccinations périodiques contre le tétanos et la grippe équine sont vivement conseillées ; elles sont nécessaires pour les exhibitions ou les compétitions.

En hiver, le pelage des chevaux est plus épais et plus dense. S’ils ne travaillaient pas ou n’étaient pas tondus, ils auraient probablement suffisamment chaud dans le box ou l’écurie. Les poneys anglais, bien
nourris, peuvent passer l’hiver dehors avec leur pelage d’hiver. Mais les chevaux qui travaillent, s’ils n’étaient couverts, auraient froid dans un box, quelle que soit l’épaisseur de la litière.

Les chevaux totalement tondus doivent porter en hiver une sous-couverture ainsi qu’une couverture. Certains chevaux sont plus sensibles au froid que d’autres. Fiez-vous aux oreilles si elles sont froides, l’animal a froid, si elles sont chaudes, il a chaud. N’essayez pas de réchauffer le cheval en fermant simplement le volet supérieur de la porte du box, rajoutez-lui une couverture.

L’air frais est essentiel à la santé du cheval. Si un cheval est mouillé et a froid, il faut le sécher et le recouvrir de paille et d’une couverture. N’oubliez pas les oreilles, essuyez-les avec une serviette éponge. Les changements soudains de température, le refroidissement du corps en sueur ou mouillé sont souvent source d’un état maladif. Il faut alors éviter toute exposition « aux courants d’air » extrêmement nocifs aux chevaux même en période de grandes chaleurs. En été, le cheval devra donc aussi être séché et couvert en certaines occasions, par exemple, après un travail ardu ou un savonnage précédant une exhibition, ou simplement après avoir été mouillé par une grosse averse.

Pour que le cheval se maintienne en bonne santé, il est nécessaire de surveiller la température de son corps. La température normale doit être comprise entre 37,8 degrés et 38,4 degrés.

L’œilvif et alerte, le cheval en bonne santé manifeste un réel intérêt pour ce qui l’entoure. Il mange avec appétit et possède un pelage brillant et tombant à plat. Les membranes des naseaux, l’intérieur des paupières et les gencives sont rose pâle. Les crottins sont bien moulés. Avec la première herbe du printemps, les crottins seront moins formés et verdâtres. S’ils deviennent mous, ajoutez du son sec à la ration alimentaire. Les traces de sang dans l’urine sont dangereuses (crises possibles d’hémoglobinurie).

L’urine du cheval n’est jamais claire : l’urine trouble n’est pas un indice de mauvaise santé, bien au contraire.

Une mauvaise santé peut se manifester de la façon suivante : le cheval debout (dans son box ou son champ) a la tête penchée et les postérieurs repliés sous son corps, les yeux sont ternes ; le pelage ne tombe pas à plat et apparaît plus sec que brillant. Les crottins d’un cheval malade sont soit très durs (signe de constipation), soit très mous (diarrhée) et l’urine est épaisse et très odorante. Si le cheval présente l’un de ces symptômes, prenez conseil auprès d’un vétérinaire. En attendant, s’il est à l’intérieur, assurez-vous qu’il soit suffisamment couvert ; s’il est dehors, rentrez-le, couvrez-le, disposez une litière et laissez-le avec de l’eau.

Dans la cavalerie, on demande toujours aux hommes de veiller au bien-être de leurs chevaux avant le leur. Ce précepte est valable partout ailleurs pour que les chevaux soient courageux et en bonne santé !

Cependant, même les chevaux les mieux entretenus doivent de temps à autre recevoir un traitement pour des maux et blessures mineurs. Par exemple, la myoglobinurie est une affection très grave. Elle peut se produire lorsqu’un cheval se repose plusieurs journées dans son box. Le jour suivant, l’exercice peut déboucher sur une soudaine contracture, presque une paralysie, de l’arrière-main.  Dans certains cas, le cheval doit être ramené par van à l’écurie. Couvrez l’arrière-main et maintenez-la bien au chaud. Donnez au cheval un mash au son, mais pas de concentré, jusqu’à ce que son état s’améliore. Dans la cavalerie autrefois, cette maladie s’appelait la « maladie du lundi». Bien que vous puissiez soigner vous-même de nombreuses blessures mineures, faites appel au vétérinaire si vous n’êtes pas sûr de vous. A la vue des sommes parfois engagées pour soigner son cheval, les assurances pour animaux proposent des forfaits pour les chevaux qui ont des problèmes de santé courants. Si votre cheval est souvent malade, il est dans votre intérêt de songer à ce genre de solutions.

La colique est un incident digestif toujours grave et vous devez agir avant l’arrivée du vétérinaire. Il s’agit d’une indigestion aiguë, qui est plus grave chez le cheval que chez l’homme, en raison de son impossibilité de vomir pour soulager son estomac. Le cheval atteint de coliques souffre de façon évidente, se regarde le flanc en le frappant parfois, se couche, se roule par terre puis se relève et dans certains cas se couvre de sueur.

À moins que le box soit assez spacieux pour permettre au cheval de se rouler par terre, couvrez-le et faites-e marcher. Mettez-lui une muselière pour empêcher toute ingestion, En cas de petites coliques, la marche peut provoquer des flatuosités, qui soulagent parfois la douleur. Ne prenez jamais une colique à la légère ; appelez toujours le vétérinaire.

Les chevaux peuvent attraper un banal rhume de cerveau, tout comme l’homme. Essuyez régulièrement les naseaux avec une solution désinfectante légère. Ne mettez pas le cheval en pâture avec d’autres chevaux et ne le montez pas si son nez coule, mais laissez-le se promener, en le couvrant si le temps est froid ou humide. Veillez à mettre à part son filet de foin et sa mangeoire, et s’il tousse, appelez le vétérinaire.

Les blessures et égratignures doivent être nettoyées soit avec un antiseptique non irritant, soit à l’eau et au sel, puis lotionnées jusqu’à ce que l’hémorragie cesse et enfin recouvertes de poudre antiseptique. Une plaie profonde peut être suturée par le vétérinaire. En attendant l’arrivée de celui-ci, nettoyez comme indiqué ci-dessus, puis appliquez un linge en tampon assujetti par un bandage pour protéger la plaie.

Des ciseaux à bouts ronds sont fort pratiques pour couper les poils de chaque côté de la plaie et éviter qu’ils ne la recouvrent. Toute plaie responsable d’une hémorragie artérielle nécessite les soins d’un vétérinaire, et l’application d’un garrot.

Une plaie infectée doit être débarrassée des microbes qui provoquent son enflure et son inflammation. On emploie alors dans ce cas du kaolin. Pour le kaolin, chauffez la pâte, appliquez-la en couche épaisse sur un linge, et placez celui-ci sur la plaie Enveloppez le linge d’un film plastique pour lui conserver sa chaleur, puis apposez un bandage.

Répétez cette opération quotidiennement jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de pus sur le linge lorsque vous le retirez.

La boue qui reste collée sur la peau provoque des crevasses et obstrue les pores. Lors du pansage, cherchez de vos doigts d’éventuelles granulations autour des paturons et des talons. S’il en existe, tentez de les faire doucement disparaître, puis enduisez la zone affectée de vaseline ou d’une pommade à l’oxyde de zinc, ou encore d’un onguent curatif acheté dans le commerce. Si les chevaux travaillent ou sont en pâture sur un terrain lourd ct boueux, il est toujours préférable de protéger leurs paturons avec l’un des trois produits susmentionnés. Si les crevasses ne sont pas traitées, le cheval risque de se mettre à boiter

Dans ce cas, descendez de cheval puis soulevez son pied du côté où il boite. Un caillou a pu s’y incruster, retirez-le et le cheval pourra à nouveau marcher normalement. S’il n’y a pas de caillou faites marcher le
cheval jusqu’à écurie et arrosez la jambe au tuyau ou lavez-la à l’eau froide avec une éponge, puis appliquez un cataplasme de kaolin pour la nuit. Le jour suivant, arrosez-le à nouveau et changez le cataplasme,
si son état s’améliore.  Dans le cas contraire, suivez les conseils d’un vétérinaire. Respectez la durée du repos fixée par le vétérinaire et ne le montez pas avant. Par ailleurs, lorsque vous bandez une jambe blessée, bandez toujours la jambe opposée, saine, qui sera ainsi plus lourde et soulagera l’autre jambe.

Si votre cheval contracte une inflammation de l’œil, mouillez celui-ci avec une éponge très douce, imprégnée d’eau tiède et d’une goutte de désinfectant, puis injectez un peu de collyre dans le coin le plus proche de l’os frontal.

Les blessures de harnachement résultent de la négligence du cavalier. Elles sont provoquées par une selle mal ajustée ou une sangle dure e sale, ou encore par un pincement de la peau et des poils sous la sangle. Il faut surtout sangler d’une manière progressive en évitant tout frottement dû au relâchement de la sangle après un temps de travail.

Traitez ces blessures avec une éponge imprégnée d’eau salée, et laissez le cheval se reposer jusqu’à ce que les blessures soient guéries.

Pharmacie vétérinaire

Une pharmacie vétérinaire doit se trouver dans la sellerie et être facilement accessible. Elle doit comporter :

• un thermomètre vétérinaire (long d’au moins 12 cm),

• de la poudre pour blessures,

• une pommade antibiotique,

• une pommade antiseptique,

• de la vaseline,

• un cataplasme de kaolin,

• une purge pour coliques,

• du sel d’Epsom,

• de la teinture d’iode,

• du goudron de Norvège,

• un collyre, un désinfectant léger,

• des ciseaux coupants à bouts ronds,

• une cuvelle chirurgicale,

• de petites éponges souples en plastique,

• des étoffes de toile ou de coton propres (pour pansements),

• deux bandes de gaze stériles (largeur 6/3 cm),

• des compresses de gaze stériles,  du coton hydrophile, un adhésif,

• une bande de caoutchouc pour garrot.

L’histoire du Cheval

Les origines, la préhistoire

L’étymologie du mot « cheval » remonte au sanskrit, langue sacrée des brahmanes. A ce mot se rapporte l’idée de « ce qui se meut rapidement », comme le vent, la flèche, etc. Le « perçant » est donc bien une des caractéristiques primitives essentielles de cet animal.  Longtemps ignorées, ses origines sont maintenant bien connues depuis les découvertes de la paléontologie aux XIXe et XXe s. Les restes fossilisés
du cheval ont permis de reconstituer les étapes et les secrets de son évolution.

histoire-cheval

C’est à la fin de l’époque secondaire que de rares espèces de petits mammifères font leur apparition, mais ce n’est qu’au début de l’époque tertiaire, soit il y a quelque 20 millions d’années, qu’est identifié le premier ancêtre du cheval, le modeste eohippus, cheval de l’éocène, qui possède cinq doigts et atteint à peine la taille d’un lièvre.

Le miocène supérieur (12 millions d’années) voit apparaître le miohippus, suivi, au pliocène (4 500 000 ans), du pliohippus, ou « hipparion », qui connaît un grand développement. L’évolution du cheval se poursuit pendant tout le cours du tertiaire ; des mutations se produisent, la taille augmente, les doigts se réduisent à trois, à deux, enfin à un seul avec le solipède. La denture se modifie, s’adaptant à la mastication d’une nourriture herbacée, et, comme aujourd’hui, les dents sont recouvertes d’une épaisse couche de cément.

A la fin de l’ère tertiaire et au début du quaternaire, soit il y a 100 000 ans approximativement, l’évolution du squelette est pratiquement terminée, le cerveau s’est amplifié et amélioré, et le cheval possède à peu près son aspect actuel.  Au paléolithique supérieur, ou âge de la pierre taillée, le contemporain équin de l’homme de Neandertal est petit, épais, barbu et recouvert de longs poils sur une ligne dorsale allant de la crinière à la queue. Le cheval est présent sur tous les continents, où il vit en troupeaux pour mieux se défendre contre les grands carnassiers.

Au cours des siècles, il disparaîtra complètement d’Amérique pour n’y faire sa réapparition qu’avec les « conquistadores » espagnols. Moins pourchassé, peut-être même protégé, le cheval n’a jamais cessé d’exister en Asie et en Europe. L’art rupestre des cavernes nous révèle son importance pour l’homme à l’époque de la pierre taillée, puis à celle de la pierre polie.

A Solutré, en Saône-et-Loire, à Aurignac, aux Eyzies, dans la grotte de la Madeleine, ou à Altamira en Espagne, l’homme préhistorique grave ou sculpte des figures le plus souvent réalistes, parfois symboliques, accompagnées d’hiéroglyphes indéchiffrables, mais qui ne laissent cependant aucun doute sur les pratiques magiques qui accompagnaient la chasse. Le sol, aux alentours des cavernes, recèle par milliers les ossements des victimes. Et, déjà, sur un territoire comme celui de la France, on constate que les chevaux, de même que les hommes, appar- tiennent à des races différentes.  Le cheval de Solutré (Equus caballus), brachycéphale, possède un profil concave qui le désignerait comme l’ancêtre du breton, alors que celui de Dordogne, dolichocéphale à grosse tête busquée et chargée de ganaches, se rapproche de certaines races actuelles du Turkestan chinois (Dzoungarie). C’est au néolithique, époque cheval, souvent à robe zébrée, a pu être domestiqué par l’homme.

Vraisemblablement capturé au lasso, il est gardé en réserve dans des parcs jusqu’à l’abattage : peut-être même est-il déjà employé pour la culture. Il en sera de la sorte jusqu’à l’âge des métaux. Entre-temps, sa silhouette s’est affinée, ses membres se sont allongés, sa taille et sa vitesse se sont accrues. Ainsi amélioré, il va faire son entrée dans l’époque historique.